IA dans l'aérospatiale et la défense : deux études, un facteur 9 sur la même année
SkyQuest chiffre le marché mondial de « l'IA dans l'aérospatiale » à 3,28 Md$ pour 2025 ; ResearchAndMarkets l'évalue à 29,27 Md$ pour la même année. L'écart, un facteur 9, ne vient pas d'une divergence de prévision mais de périmètres de définition radicalement différents.
Deux cabinets d'études sérieux publient, à quelques mois d'écart, deux évaluations du marché mondial de « l'intelligence artificielle dans l'aérospatiale » qui divergent d'un facteur 9 pour des années de référence quasi identiques. SkyQuest Technology Consulting (rapport 2026, déjà cité dans notre analyse du 23/08) chiffre ce marché à 3,28 Md$ pour 2025. ResearchAndMarkets, dans un rapport publié en janvier 2026 portant sur « l'IA dans l'aérospatiale et la défense », l'évalue à 29,27 Md$ pour la même année — avec une trajectoire vers 33,31 Md$ en 2026 puis 55,3 Md$ en 2030 (CAGR 13,5%).
L'écart ne s'explique pas par une divergence de prévision au sens classique : les deux cabinets ne désaccordent pas sur la trajectoire d'un même marché, ils ne mesurent tout simplement pas le même objet. Le périmètre de SkyQuest semble restreint au logiciel d'IA appliqué à l'aérospatiale civile ; celui de ResearchAndMarkets agrège aérospatiale ET défense, et inclut vraisemblablement des systèmes embarqués, de l'avionique et des plateformes matérielles bien plus coûteuses que le seul logiciel — un choix cohérent avec les opérations citées dans son rapport (acquisition de Preligens par Safran pour 254 M$, lancement de l'Advanced Cognitive Engine par Safran Electronics and Defense), toutes deux orientées défense.
Nous avions déjà documenté, le 14/08, une divergence de trajectoire de prévision comparable dans l'IA amont pétrolière et gazière entre deux cabinets — mais il s'agissait alors d'un désaccord sur le taux de croissance à partir d'une base comparable. Ici, c'est la mesure de départ elle-même, la taille du marché aujourd'hui, qui diffère d'un facteur 9 : un problème de définition, pas d'incertitude statistique.
Conséquence pratique pour tout dirigeant qui cite ces chiffres dans un business case IA : le TAM affiché peut varier d'un facteur 9 selon le cabinet retenu, sans que la qualité de la prévision en soit la cause. La question à poser avant de citer un chiffre n'est pas « la prévision est-elle bonne ? » mais « que compte exactement ce chiffre ? ».
Analyse publiée par
Cardan-AI Intelligence
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